Expertise & Analyse

Méthode directe ou indirecte : comment choisir pour vos flux de trésorerie ?

26 février 2026
Par Patrice Bouché (Fondateur)

Le pilotage de la trésorerie est le compas de tout dirigeant. Il indique le cap, avertit des tempêtes et confirme que la destination est atteignable. Pourtant, une question fondamentale divise souvent les approches : faut-il naviguer à vue avec les flux réels ou utiliser la carte comptable pour tracer sa route ? C'est le débat entre la méthode directe et la méthode indirecte pour construire son tableau de flux de trésorerie.

Cette distinction n'est pas un simple détail de technicien financier. C'est un choix stratégique qui détermine la finesse de votre pilotage quotidien et la profondeur de votre analyse à long terme. La méthode directe, basée sur les encaissements et les décaissements réels, offre une lecture immédiate de votre liquidité. La méthode indirecte, partant du résultat net comptable, explique pourquoi votre trésorerie a varié, en liant la performance de l'entreprise à sa capacité à générer du cash.

Chez Kowikan, notre expérience auprès de centaines de PME et ETI nous a enseigné une vérité essentielle : opposer ces deux méthodes est une erreur. Un dirigeant avisé a besoin des deux. La véritable question n'est donc pas de choisir, mais de savoir comment les utiliser de concert. Comprendre la philosophie de chaque méthode de prévision de trésorerie est la première étape pour construire un prévisionnel de trésorerie robuste, celui qui vous donnera une longueur d'avance. Nous allons décortiquer ces deux approches, non pas pour en choisir une, mais pour maîtriser les deux.

La méthode directe : le pilotage par les flux réels (Cash-in / Cash-out)

La méthode directe est la plus intuitive. Elle consiste à lister l'ensemble des encaissements (cash-in) et des décaissements (cash-out) sur une période donnée. Le calcul est simple : Solde final = Solde initial + Total des encaissements - Total des décaissements. C'est une photographie brute et sans filtre de ce qui transite par les comptes bancaires de l'entreprise.

Les principales catégories de flux que l'on suit sont :

  • Encaissements d'exploitation : paiements des clients, subventions reçues, etc.
  • Décaissements d'exploitation : paiements des fournisseurs, salaires et charges sociales, impôts et taxes, loyers.
  • Flux d'investissement : achats ou ventes d'immobilisations (machines, bâtiments...).
  • Flux de financement : apports en capital, remboursements d'emprunts, versement de dividendes.

Cette approche est pragmatique. Elle répond à la question la plus pressante pour tout chef d'entreprise : "Combien d'argent avons-nous réellement à disposition ?". Elle ne s'embarrasse pas des conventions comptables comme les amortissements ou les provisions, qui n'ont pas d'impact cash immédiat. C'est la vérité du relevé bancaire, organisée de manière intelligible.

Construire ce suivi manuellement peut vite devenir un travail de Sisyphe, surtout lorsque le volume de transactions augmente. C'est ici que l'on mesure la différence fondamentale entre un logiciel de trésorerie vs Excel, où le tableur montre vite ses limites en termes de fiabilité et d'automatisation.

Pourquoi c'est la méthode privilégiée par les TPE/PME.

Si la méthode directe séduit autant les dirigeants de TPE et PME, ce n'est pas un hasard. Elle est en phase avec leurs contraintes et leur besoin de réactivité.

  1. Le Langage du Réel : Un dirigeant de PME pense en termes de "factures à payer" et de "clients qui rentrent". La méthode directe parle ce langage. Elle est concrète, facile à comprendre et à communiquer, même pour des équipes non financières.
  2. L'Agilité Opérationnelle : C'est l'outil par excellence du pilotage à court terme. Il permet de vérifier au jour le jour la capacité à honorer ses échéances. Pour une startup, cette vision est vitale pour maîtriser son Burn Rate et sa Runway.
  3. La Détection Précoce des Tensions : Une baisse soudaine des encaissements clients ou un pic de décaissements fournisseurs sont immédiatement visibles. Cette alerte précoce permet de prendre des mesures correctives (relances clients, négociation d'échéanciers) avant que la situation ne devienne critique.
  4. Une Fiabilité Ancrée : La source de données est incontestable : le flux bancaire. Avec les technologies d'agrégation bancaire sécurisée par la DSP2, cette information est collectée automatiquement, éliminant les erreurs de saisie et offrant une base de travail d'une précision absolue.

En somme, la méthode directe est le cockpit de l'avion. Elle donne l'altitude (le solde), la vitesse (le rythme des flux) et le cap immédiat. Elle est indispensable pour ne pas piloter à l'aveugle.

La méthode indirecte : partir du résultat comptable

La méthode indirecte est une démarche intellectuelle différente. Elle ne regarde pas directement les flux, mais cherche à expliquer la variation de trésorerie en partant du résultat net de l'entreprise. C'est un travail de réconciliation entre la logique de la comptabilité d'engagement (le compte de résultat) et la logique de cash.

Le point de départ est le résultat net comptable. On y applique ensuite une série d'ajustements pour éliminer les éléments qui n'ont pas d'incidence sur la trésorerie :

  • Ajout des charges non décaissées : On réintègre les dotations aux amortissements et aux provisions, qui ont diminué le résultat comptable sans sortie d'argent.
  • Soustraction des produits non encaissés : On retire les reprises sur provisions ou les plus-values de cession qui ont augmenté le résultat sans entrée d'argent correspondante.
  • Ajustement de la variation du Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : C'est le cœur de la méthode. On analyse l'impact des variations de stocks, des créances clients et des dettes fournisseurs sur la trésorerie.

Cette approche permet de construire le tableau de financement, un document essentiel pour toute analyse financière poussée. Elle répond à la question : "Notre modèle économique est-il efficace pour convertir le profit en cash ?".

Utilité pour l'analyse financière long terme et le bilan.

Moins intuitive pour le pilotage quotidien, la méthode indirecte est un instrument d'une puissance redoutable pour l'analyse stratégique. Les investisseurs, les banquiers et les directeurs financiers l'utilisent pour trois raisons principales.

  1. Diagnostiquer la Santé du Modèle Économique : Une entreprise peut être très rentable sur le papier (un EBE élevé, un résultat net positif) mais s'asphyxier financièrement. La méthode indirecte met en lumière ce paradoxe. Si le profit ne se transforme pas en cash, c'est souvent le signe d'un problème structurel.
  2. Mettre le BFR sous Surveillance : C'est le meilleur outil pour comprendre comment la gestion des stocks, des crédits clients et des dettes fournisseurs impacte la liquidité. Une augmentation des créances clients, par exemple, apparaît comme une consommation de trésorerie, expliquant pourquoi le cash n'est pas en banque malgré les ventes. C'est le point de départ pour tout projet de calcul et optimisation du BFR.
  3. Évaluer la Capacité d'Autofinancement (CAF) : En partant de l'EBE et en remontant jusqu'à la CAF, la méthode indirecte montre la capacité réelle de l'entreprise à financer ses investissements et à rembourser ses dettes grâce à son cycle d'exploitation, avant même de considérer la politique d'investissement. C'est une information cruciale pour évaluer la résilience et le potentiel de croissance.

La méthode indirecte est la salle des machines. Elle ne donne pas la position instantanée, mais elle explique la performance du moteur, son rendement et sa consommation. Elle permet d'anticiper les pannes structurelles bien avant qu'elles ne provoquent l'arrêt du navire.

Comment Kowikan réconcilie les deux approches automatiquement.

Historiquement, le dirigeant devait choisir son camp. Soit le trésorier maintenait un suivi direct fastidieux sur Excel, soit le DAF produisait un tableau de flux indirect trimestriellement, déconnecté des opérations. Ces deux mondes communiquaient peu, créant des angles morts dans la vision financière.

Notre conviction chez Kowikan est que cette dichotomie est obsolète. La technologie permet aujourd'hui d'unifier ces deux visions pour offrir une clairvoyance à 360°. Notre plateforme a été conçue pour être ce pont intelligent.

Notre ingénierie fonctionne en trois temps :

  1. La Fondation : les Flux Réels (Méthode Directe). Tout part du réel. Nous nous connectons en temps réel à l'ensemble des comptes bancaires de l'entreprise. Notre technologie détecte automatiquement 95% des encaissements et décaissements récurrents. Vous disposez ainsi d'un tableau de bord suivant la méthode directe, toujours à jour, sans aucune saisie manuelle. C'est le pilotage opérationnel, garanti fiable et précis.

  2. L'Enrichissement : la Donnée Comptable. Nous intégrons ensuite les données comptables (fichier des écritures comptables) pour rapprocher les flux bancaires des postes comptables. Ce rapprochement permet non seulement de suivre le payé, mais aussi l'engagé et le facturé.

  3. La Réconciliation : la Vision Indirecte Automatisée. C'est ici que notre technologie propriétaire fait la différence. En analysant les décalages entre les dates de facturation et les dates de paiement, Kowikan calcule en permanence la variation de votre BFR. En partant des flux réels catégorisés, notre système est capable de reconstituer la logique de la méthode indirecte. Il vous montre comment votre résultat se transforme en trésorerie, en isolant les flux d'exploitation, d'investissement et de financement.

Le résultat ? Vous ne choisissez plus. Vous disposez des deux. Le dirigeant peut suivre son cash au quotidien (direct), tandis que le DAF peut générer en un clic une analyse stratégique de la conversion du profit en cash (indirect), sans effort de retraitement. Les deux vues sont parfaitement cohérentes car elles reposent sur la même source de données unique et fiable : le flux bancaire.

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Conclusion

Alors, méthode directe ou indirecte ? C'est une fausse question. Demander à un pilote de choisir entre son altimètre et son plan de vol serait absurde. L'un est essentiel pour l'action immédiate, l'autre pour la stratégie à long terme.

La méthode directe est votre tableau de bord. Elle vous donne la visibilité nécessaire pour prendre les bonnes décisions opérationnelles, virer de bord rapidement et éviter les écueils du quotidien. C'est la méthode du trésorier, du dirigeant de PME qui a besoin de savoir où il en est, maintenant.

La méthode indirecte est votre carte stratégique. Elle explique la performance de votre modèle économique, révèle les forces et les faiblesses de votre cycle d'exploitation et valide votre capacité à financer votre croissance future. C'est la méthode de l'analyste, du directeur financier qui prépare l'avenir.

Aujourd'hui, refuser cette double lecture, c'est accepter de naviguer avec un handicap. Les outils comme Kowikan ne font pas que simplifier la production de ces tableaux ; ils changent la nature même du pilotage financier en rendant la vision stratégique accessible en temps réel, fondée sur des données opérationnelles irréfutables. La véritable expertise n'est pas de maîtriser l'une ou l'autre, mais de savoir passer de l'une à l'autre pour obtenir une image complète, précise et actionnable de votre entreprise.

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